Si vous venez à Jérusalem, je vous montrerai le lieu qui me tient le plus à cœur: un olivier centenaire, à la porte de Damas. J’ai l’habitude de m’asseoir à ses côtés tôt le matin, presque chaque semaine, pour regarder Jérusalem se réveiller.
Les gens franchissent la porte pour entrer dans la vieille ville: commerçants, travailleurs, étudiants, pèlerins, vieilles dames chargées de leurs courses, enfants en route pour l’école. D’autres en ressortent, rentrent chez eux ou partent travailler. Il y a là quelque chose de merveilleusement ordinaire.
Si cet olivier pouvait parler, quelle histoire il raconterait ! La porte de Damas est depuis des siècles l’une des entrées de Jérusalem. Son nom arabe, Bab al-Amud – “la porte de la colonne” –, rappelle la colonne monumentale qui s’y dressait autrefois. Les fouilles alentour ont révélé des couches de l’histoire de la ville sur plusieurs siècles.
Un témoin immobile et silencieux
J’imagine l’olivier comme un témoin silencieux de tout cela: des armées et des pèlerins, des marchands et des réfugiés, des souverains et des familles ordinaires. Tant de civilisations ont franchi cette porte, chacune laissant quelque chose derrière elle.
Ce que j’aime peut-être le plus, c’est le contraste. La pierre massive, les murs imposants, la grandeur de la porte donnent à Jérusalem un aspect presque intemporel. Mais autour, il y a la ville du quotidien: quelqu’un boit un café, un commerçant ouvre ses volets, une femme porte du pain, des enfants rient, des charrettes passent, des gens se disputent.
C’est là, pour moi, toute la beauté de Jérusalem: une ville chargée d’une histoire extraordinaire, mais où l’on vit aussi, tout simplement. L’olivier le comprend mieux que quiconque. Il se tient là, observant Jérusalem défiler sous ses yeux.

Vue du Mont des Oliviers, Jérusalem — © Erminig Gwenn