Chaque semaine, La Comète prend une nouvelle direction et explore les zones sensibles de notre époque. Elle a aujourd’hui le goût et les saveurs du monde, avec la présentation de notre nouveau numéro – en librairie le 18 mars et déjà disponible sur notre site – intitulé “Faites la cuisine, pas la guerre”. 

Un stand de restauration au marché de nuit de Shillin, Taipei © An Ron Xu


Le numéro en un mot

Instrument de domination impériale, levier diplomatique, arme de guerre, refuge de la mémoire et espace de résistance: les plats circulent plus vite que les idées, les recettes colonisent autant que les armées. Cette nouvelle édition de Kometa explore la nourriture comme fait politique. 


Avec François-Régis Gaudry en parrain du numéro, mais aussi l’historien Loïc Bienassis, les réalisatrices Andrea Chalupa et Mathilde Damoisel, le chef et auteur culinaire Tommaso Melilli, l’ancien président de MSF Rony Brauman ou la photographe Mahka Eslami, plongez dans la géopolitique de la cuisine !

Taïwan face à Pékin : la diplomatie du goût

Le journaliste gastronomique François-Régis Gaudry explore les scènes culinaires de la France à l’étranger et décline un appétit insatiable à la radio (On va déguster, sur France Inter), télé (Très Très Bon sur Paris Première) ou en livres (Recettes & Récits, Marabout, 2024).


Parrain du numéro et affamé de géopolitique, il a enquêté à Taïwan, où la lutte contre l’impérialisme du voisin passe aussi par la cuisine. En affirmant son identité culinaire face à l’ogre chinois, l’île fait de l’art de la table un outil de “soft power”. La cuisine est aussi un sport de combat.

Entretien : “La table est un instrument de pouvoir”

La Grèce antique achetait son blé en Ukraine, le sucre et le café n’existeraient pas sans l’esclavage, et les bananes déclenchent des coups d’État. 


L’historien Loïc Bienassis, auteur d’une Grande Histoire de la gastronomie (Larousse, 2024), raconte comment la nourriture bouleverse les équilibres planétaires, tout en servant d’outil de diplomatie.

Grand récit : Guerre et pain

L’Holodomor est un chapitre occulté de l’histoire soviétique : c’est une mémoire familiale. La scénariste américaine Andrea Chalupa y puise l’histoire de son grand-père, survivant de la famine de 1933 orchestrée par Staline, et celle de Gareth Jones, journaliste qui brava la censure pour raconter l’indicible. Son récit poignant dévoile comment la nourriture peut devenir le témoin d’une résistance et d’une mémoire politique.

Enquête : Le sucre, une histoire coloniale

Aucune douceur dans l’histoire du sucre. Son industrie toujours plus florissante perpétue les conditions de travail héritées de l’esclavage. À Saint-Domingue, les braceros, ces coupeurs de canne venus d’Haïti et souvent traqués comme migrants illégaux, servent de main-d’œuvre au rabais, exploités jusqu’à l’épuisement.


Mathilde Damoisel, réalisatrice du documentaire Le Sucre, pour la douceur et pour le pire (Arte), a enquêté pendant deux ans.

Portraits : Des recettes et des vies

Des cheffes et chefs – Alessandra Montagne (Brésil), Fadi Kattan (Palestine), Olia Hercules (Ukraine), Raimot Tijani (Nigéria), Zuri Camille de Souza (Inde) – ont dû quitter leur pays d’origine pour des raisons personnelles, économiques ou politiques, emportant avec eux un héritage culinaire. Leurs recettes dessinent les contours d’une mémoire.

Focus : Fatale polenta

En important le maïs du Nouveau Monde, les Européens ignoraient comment le cuire. Mal préparée, trop consommée, la polenta transmettait la pellagre aux pauvres et décimait les campagnes. Le cuisinier et écrivain Tommaso Melilli raconte une lutte des classes en cuisine.

Décryptage : “Alimentaire, mon cher Watson”

Le sandwich est-il britannique ou hébraïque ? À quels pays appartiennent le houmous et le couscous ? Qui a vraiment inventé le bortsch ? Et de quand date la nouille ? Derrière l’histoire parfois salée de certains aliments, une bonne dose d’idées reçues et de voraces concurrences culturelles.

© Cécile Dupuis

Interview : “Pas de famine sans volonté politique”

Ancien président de Médecins sans frontières, Rony Brauman revient sur quarante ans de famines – du Cambodge de 1979 à l’Éthiopie des années 1980, de Gaza au Soudan – et explique comment la faim n’est jamais un accident naturel.

Portfolio : Bodega boys

Les New-Yorkais entretiennent un rapport affectueux, presque familial, à leur bodega, et plus encore à leur “bodega guy”, souvent originaire du Yémen. La photographe iranienne Mahka Eslami s’est immergée dans ces supérettes-sandwicheries de proximité, miroirs du rêve américain comme du cauchemar trumpien.


Et aussi…

Une correspondance bouleversante entre la journaliste basée à Paris Hind Meddeb, réalisatrice de Soudan, souviens-toi, et Khatab Ahmed, depuis Khartoum. Un échange croisé entre Sophie Bessis et Souleymane Bachir Diagne sur comment penser l’universel. Un grand récit de Christophe Boltanski sur les refuzniks, ceux qui ont dit non à l’armée en Israël, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Les confidences de la romancière franco-rwandaise Scholastique Mukasonga: comment un manuel scolaire lu enfant au Rwanda l’a projetée dans la littérature.

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Bon plan sur La Comète


Courage, Liberté, Iran


Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, et en prologue au Printemps des Poètes, à l’issue de la dernière représentation de La Fin du courage de Cynthia Fleury à Paris, aura lieu une lecture exceptionnelle de textes en prose et de poèmes se référant au courage, à la liberté, à l’Iran. En présence de l'autrice et des comédiennes du spectacle – dont Isabelle Adjani, marraine du Printemps des poètes cette année –, avec la participation de Fatou Diome, romancière et poète franco-sénégalaise, et de ses musiciens.
Au Théâtre de l'Atelier, Paris 18e, à 19 heures. Entrée et placement libre, dans la limite des places disponibles.
RSVP indispensable : contact@printempsdespoetes.com

8 rue Saint Marc, 75002 Paris

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