Il y a des images qui documentent le monde. D'autres qui le déplacent. Cette semaine, nous vous emmenons à la découverte de photographes qui racontent autrement les frontières, les guerres, les héritages, les réconciliations ou les amours impossibles. À Arles, à Marseille, dans les livres et dans les archives retrouvées, leurs images dialoguent avec les grands récits que Kometa défend et soutient depuis sa création. Bon voyage!  — Newsha Tavakolian |
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Gaza, avant les ruines Les photographies retrouvées de Kegham Djeghalian Pendant près de quarante ans, Kegham Djeghalian Sr. (1915-1981), rescapé du génocide arménien, a photographié Gaza, ses habitants, ses rues, ses paysages et leurs métamorphoses. Longtemps considérées comme perdues, seules trois boîtes d'archives ont finalement été retrouvées par son petit-fils, l'artiste Kegham Djeghalian Jr., qui en a fait le cœur d'une exposition bouleversante sur les histoires interrompues et la mémoire.  À découvrir au Centre photographique de Marseille ainsi qu'aux Rencontres d'Arles jusqu’au 12 septembre. 👉 Découvrir l'exposition
(Re)lire notre reportage dans Kometa  |
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Rire pour résister Lee Shulman & Omar Victor Diop Peut-on combattre une idéologie par l'humour ?  Dans cette série aussi drôle que redoutablement politique, le photographe sénégalais Omar Victor Diop s'invite dans des diapositives américaines des années 1950 et 1960 issues de la collection de Lee Shulman (The Anonymous Project). Comme s'il avait toujours fait partie de ces familles blanches de l'Amérique ségrégationniste, Diop apparaît au cœur du cadre. Le résultat est aussi absurde que subversif: une manière de faire vaciller les certitudes d'hier... qui résonnent étrangement avec celles d'aujourd'hui.  👉 Voir l'exposition
Retrouver notre portfolio et le texte du prix Goncourt Mohamed Mbougar Sarr  |
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Chanter sans public Newsha Tavakolian – Iran Depuis la révolution islamique de 1979, les femmes iraniennes n'ont plus le droit de chanter seules devant un public. Pour sa série Listen, la photographe iranienne Newsha Tavakolian demande à des chanteuses professionnelles d'interpréter un morceau dans un simple studio de Téhéran, comme si elles étaient devant une salle comble.   Ces portraits donnent à entendre un chant que personne n’a le droit d’écouter. En juin, la chanteuse iranienne Parastoo Ahmadi a été condamnée à 74 coups de fouet pour être apparue non voilée, les cheveux lâchés, légèrement maquillée, dans une longue robe noire à bretelles lors d’un concert filmé, sans public.
Retrouver notre reportage sur l'Iran  |
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Se réconcilier après le génocide Jan Banning – Rwanda Peut-on pardonner à celui qui a assassiné sa famille ? Pendant plusieurs années, le photographe néerlandais Jan Banning et le journaliste Dick Wittenberg ont parcouru les campagnes rwandaises à la rencontre de survivants du génocide des Tutsi et de leurs anciens bourreaux. Ils photographient ces duos inimaginables, réunis des années après les massacres.   « Ensemble, ils rendent possible l'inimaginable », écrit Jan Banning.
Ce portfolio accompagne le grand entretien de Gaël Faye, parrain de notre numéro, Ce que raconteront nos enfants  |
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Aimer son ennemi Oksana Yushko – Ukraine Que devient l’amour lorsque la guerre transforme votre couple en frontière ? Oksana Yushko, 48 ans, s’attaque à cette question qui la touche de près dans Familia, une série de portraits de couples ukraïno-russes. Lancé en 2014 après l’annexion de la Crimée, son travail a pris une nouvelle dimension avec l’invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Oksana raconte qu’à l‘époque de ses parents, lui ukrainien, elle russe, on ne parlait même pas de “couples mixtes”: les histoires d'amour et de famille entrelacées sur les territoires qui formaient l'URSS se comptaient en millions. Oksana Yushko a grandi à Kharkiv, en Ukraine, à trente minutes de route de la frontière russe, avant de s'installer à Moscou pour ses études, et de s'y établir pendant vingt-cinq ans. Son mari est ukrainien. Le couple vit depuis 2022 à Tbilissi, en Géorgie.  
Retrouver son portfolio sur l'Ukraine qui accompagne le grand récit d’Emmanuel Carrère, Parler avec l’ennemi  |
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Prendre son père par la main Valery PoshtarovQu'est-ce qu’être un homme, un vrai? Cette question traverse les portraits de Valery Poshtarov, qui a fait poser des pères et leur fils main dans la main, dans son pays, la Bulgarie, mais aussi en Géorgie, Arménie, Turquie, Serbie. En les observant, l’écrivain Mathieu Palain s’est aperçu qu'il ne tenait plus son père par la main. Et que ce geste anodin raconte beaucoup des préjugés sur la virilité. 👉Retrouver ces images et le texte de Mathieu Palain également dans Kometa n°2.   |
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Laissez-vous guider par les images. Parce qu’avant d'expliquer le monde, il faut parfois simplement apprendre à le regarder. Bel été, L'équipe de Kometa |
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