Chaque semaine, La Comète prend une nouvelle direction et explore les zones sensibles de notre époque. Cette semaine a une résonnance particulière pour la revue. Kometa est née de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine lancée par la Russie le 24 février, voilà maintenant quatre ans. 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie n’est pas seulement une guerre qui, avec ses tranchées et ses drones, oscille entre Verdun et la science-fiction. C’est le renversement de nos certitudes.

Le blé, le gaz, le chauffage, notre sécurité, nos alliés, notre prétendue centralité européenne: ce que nous avons cru éternel est chamboulé. S’ouvre l’inconnu. 

Il est facile d’ironiser sur les Américains qui ne savent pas situer Bruxelles ou Paris sur une carte. Dès le 24 février 2022, derrière les souffrances ukrainiennes, des villes, soudain, nous sont apparues: Kherson, Bakhmout, Boutcha, Kharkiv… Des résistants ont découvert leur courage, et nous le leur. Des écrivains, des poètes se sont dressés pour dire l’indicible, et nous ont rappelé que cette guerre s’inscrit dans une continuité : Tchétchénie, Géorgie, Syrie, Crimée. On rouvre les livres d’histoire, on se bat pour la récrire. Il y a tant à comprendre.” 

Voilà ce que nous écrivions dans l’édito de notre premier numéro, consacré à l’impérialisme russe,

L’actualité en continu déborde de chiffres dramatiques: le nombre de morts, le nombre de bombes, le nombre de réfugiés. Avec des récits incarnés, Kometa continue à raconter cette guerre à hauteur de femmes et d’hommes. 

Voici dix histoires publiées par Kometa qui révèlent des voix, des images, des courages, des silences, et croisent les regards pour ne jamais oublier.

“Un soldat russe dort dans ma maison”

Fille d’un mineur de charbon et d’une ouvrière, la poétesse Luba Yakymtchouk a grandi dans le Donbass, à l’ombre d’un pommier. En 2014, quand la guerre éclate, elle réside à Kyiv et n’a qu’une vague idée de ce que vivent ses parents sous les bombes. Puis arrive le 24 février 2022. “Un jour, je reverrai la petite ville où j’ai grandi, aujourd’hui occupée”, conclut l’autrice dans ce texte déchirant et révolté 

À retrouver dans Kometa n°1

“Peut-on parler avec l’ennemi?”

Tant que la guerre n’est pas finie, que la Russie reste invaincue, de nombreux Ukrainiens refusent de côtoyer des Russes. Même opposants à Poutine, même antiguerre, même exilés de longue date. Le romancier Emmanuel Carrère, aux origines russes et géorgiennes, est parti à Kyiv et à Kherson explorer les ressorts de cette position de principe.

Avec la série Familia, Oksana Yushko photographie des couples ukraino-russes et pose la question de l'amour entre deux camps devenus ennemis. © Oksana Yushko


Un grand récit à retrouver dans Kometa n°2

“Guerre & Amour”

Ils sont mari et femme. Avant l’invasion de leur pays par la Russie, ces deux Ukrainiens étaient photographes de mariage et d’histoires de cœur. À 30 ans, ils sont devenus reporters de guerre parmi les soldats et le chaos. Les clichés de Vlada et Kostiantyn Liberov racontent autant le basculement de leur propre destin que celui de l’Ukraine.

Un reportage photo à retrouver dans Kometa n°2

« Après six mois sur le front sans avoir vu sa fiancée, l’acteur ukrainien Maksym Devizorov, épouse la comédienne Svetlana Gordienko. » Dnipro, 21 mai 2022. Vlada et Kostiantyn Liberov

“La sœur et le tueur”

Où est-il ? Neuf mois que Katia Kholodnikova est sans nouvelles de son frère jumeau, Andriy, jeune soldat ukrainien parti combattre l’invasion russe. Jusqu’à ce texto venu du camp ennemi. Le début d’une incroyable correspondance entre victime et bourreau. En reportage à Kyiv pour l’agence Capa, la réalisatrice Ksenia Bolchakova est bouleversée par ce face-à-face, qui interroge la possibilité du deuil et la soif de justice.

Un reportage à retrouver dans Kometa n°3


“La guerre, c'est les autres”

Traducteur de Gandhi et Noam Chomsky, l’écrivain ukrainien Artem Chapeye se bat sur le front contre l’envahisseur russe. Et fustige ce qu’il nomme le « pacifisme abstrait » des Occidentaux, et leur “westplaining”, cette façon de tout ramener à leur vision de l’histoire.

Un texte écrit lors du 2e anniversaire de l’invasion à grande échelle, à retrouver dans le Kometa n°4

“Faut-il garder sa culotte pendant une alerte aérienne ?” 

Sur un panneau au milieu de la forêt, on peut lire en ukrainien “Danger: mines!”, et, un peu plus bas, la traduction en russe: “Bienvenue!” Vivre sous les bombes russes incite à faire preuve d’un humour à toute épreuve. Vitalii Tchepynoga, blogueur ukrainien, raconte en riant le quotidien d’un conflit plus long qu’une mauvaise blague. 

Des histoires drôles dans un contexte qui ne l’est pas, à retrouver dans le Kometa n° 5

“Les enfants perdus de Bonheur” 

Ils ont grandi à Chtchastia, une ville du Donbass dont le nom signifie “Bonheur” en ukrainien. Leurs destins croisés racontent dix ans d’invasion russe, une jeunesse fauchée par l’insatiable désir d’empire de Poutine. Léna Mauger est partie sur leurs traces, et notamment celles de Valentina, assassinée par des soldats russes, à 23 ans. Remonter la piste de ses tueurs, c’est plonger dans le gris de la guerre, entre désir de défendre sa patrie et compromissions avec l’occupant.


Ete 2016, Valentina et ses amis se baignent dans un point d'eau de Bonheur. De l'autre côté, se trouve la LNR ou République autoproclamée de Lougansk, créée par la Russie.


Une enquête en deux volets à retrouver dans Kometa n°6 et n°8

“Kyiv kiffe l’amour”

Le couple d’universitaires et de journalistes ukrainiens Tetyana Ogarkova et Volodymyr Yermolenko – qui viennent de publier La vie à la lisière. Être ukrainien aujourd'hui (Gallimard) – racontent, depuis leur pays en guerre, des histoires d’amour plus fort que la mort.

Un récit à retrouver dans Kometa n°8

“Trouver Sergueï”

Elle a connu très jeune cet enfant de Tchernobyl devenu comme un frère. Un jour, il a cessé de répondre aux lettres. Devenue journaliste, Aliénor Carrière part à sa recherche en Ukraine. Et découvre un homme critique de son pays et de Zelensky, en décalage avec l’image d’une patrie unie.

Une enquête à retrouver dans Kometa n°9

“En Ukraine, le miel et les abeilles” 

Dans ses romans les plus célèbres, Le Pingouin et Les Abeilles grises, les animaux sont des compagnons, des témoins, parfois des oracles. Le grand écrivain ukrainien Andreï Kourkov raconte ici une autre mémoire de l’invasion russe: celle des bêtes déplacées. Un récit où la guerre se mesure aussi au silence des animaux.


Un récit à retrouver dans Kometa n°10

La reko de Kometa

Par Haydée Sabéran, rédactrice en chef adjointe

Trouver Sergueï (Arte), un podcast d’Aliénor Carrière

Un enfant ukrainien à table avec sa "soeur" française.

Janvier 1996. Galette des rois, chez la famille d'Aliénor au Chesne, dans les Ardennes. Aliénor Carrière


“Sergueï est arrivé en France un jour d’hiver, il a 7 ans, moi j’en ai 4…”  Vous vous souvenez de  Sergueï, le jeune héros ukrainien raconté par la journaliste Aliénor Carrière dans le neuvième numéro de Kometa? Vous allez adorer Trouver Sergueï, le podcast d’Arte radio. C’est l’histoire de ce frère d’adoption, rescapé de Tchernobyl, qui a passé onze étés dans la famille d’Aliénor avant de rentrer une dernière fois au pays à 18 ans et de… disparaître.Vingt ans plus tard, la jeune journaliste est partie à sa recherche et raconte l’histoire de cette quête dans un pays en guerre. En fond sonore, les jeux dans la neige, les cris de joie des enfants, les déballages de cadeaux à Noël – enregistrés par le père d’Aliénor qui avait filmé en amateur ces moments –, mais aussi les sirènes d’alerte à Kyiv sous les bombardements, et enfin, les retrouvailles, entre larmes et rires.

8 rue Saint Marc, 75002 Paris

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