Ni guide touristique, ni manuel, ni manifeste, ce numéro fait vivre et vibrer l’Arménie sous de multiples facettes, sans l’enfermer dans sa seule histoire douloureuse… On y croise des descendants des rapatriés de Staline, des cinéastes fantasques et bien d’autres.
Chaque année, Kometa publie deux numéros spéciaux mettant un pays au centre du monde,
↘ Le combat de Robert Guédiguian pour la survie de son pays d’origine.
↘ Les lettres de Serge Avedikian à son ami Osman Kavala, emprisonné en Turquie par le régime d’Erdogan pour ses sympathies avec les minorités.
↘ Le Dessous des cartes, présenté par Émilie Aubry sur Arte, en décrypte les enjeux géopolitiques avec Tigrane Yégavian.
↘ Julien Blanc‑Gras rencontre les hommes et les femmes, pas tous arméniens, qui se sont portés volontaires pour aller au front, dans l’enclave du Haut-Karabagh, prise par l’Azerbaïdjan en septembre 2023.
L'actualité vue de l'intérieur par les auteurs et les photographes de Kometa.
Vu de Marseille
Arménien par son père, allemand par sa mère, le cinéaste Robert Guédiguian a attendu presque un demi-siècle avant de poser un pied sur les terres paternelles. Le réalisateur de Voyage en Arménie se bat pour la survie de son pays d’origine.
Vu d'Arménie
« Venez construire l’Arménie de demain ! » Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Staline met en place une vaste campagne de propagande incitant les Arméniens de la diaspora à revenir au pays. Près de 100 000 répondent à l’appel.
Parmi ces « rapatriés », les arrière grands- parents de la journaliste Taline Oundjian, dont l’aïeule, Serpuhi, a grandi dans le même orphelinat que Mélinée Manouchian.
Vu d'Arménie
Il a bien connu le réalisateur des Chevaux de feu, condamné à maintes reprises par le régime soviétique. En 2015, il l’a incarné à l’écran dans un film qu’il a coréalisé, Le Scandale Paradjanov. Serge Avédikian raconte celui qui lui a donné envie de faire du cinéma.
Vu de Belgique
L’un fut correspondant en Arménie avant de faire sa transition, l’autre l’a fuie pour échapper à la pression d’être une militante LGBTQIA+. Depuis Bruxelles, où ils se sont tous deux retrouvés, Constant Léon et Heghine échangent sur le pays qu’ils ont quitté.
Par Michel Petrossian
Au début, il aimait Led Zeppelin et la musique arménienne le laissait indifférent. Puis, adolescent, dans les archives du conservatoire d’Erevan, des enregistrements ethnographiques lui ont procuré un choc. Le compositeur Michel Petrossian met en avant ses figures emblématiques de la musique arménienne : le compositeur et collecteur de sons Komitas, le courageux Khatchatourian, le grand jazzman Tigran Hamasyan, la soprano Anahit Papayan, l’éclectique André Manoukian, l’espiègle chanteuse pop Jaklyn Baghdasaryan, et tant d’autres.
Leos Carax écrit l’immense admiration qu’il voue au cinéaste arménien Artavazd Pelechian. Les plus grands artistes arméniens contemporains partagent leurs recommandations de livres et films préférés, des œuvres d’Elia Kazan à celles d’Atom Egoyan, de Robert Guédiguian ou Hiner Saleem. Des ouvrages de Garcia Marquez à George Orwell en passant par Grégoire de Narek et Krikor Beledian.
— Radio Erevan, pourquoi y a-t-il un ministère de la Marine en Arménie ?
Nous n’avons aucun accès à la mer !
— L’Azerbaïdjan a bien un ministère de la Culture…
Nos auteurs et autrices nous ont envoyé leurs meilleures blagues arméniennes.